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Comment la personne à Haut Potentiel peut se tirer une balle dans le pied…

Les faiblesses de ses atouts

La personne à haut potentiel possède les faiblesses de ses atouts et quand elle ne se voit pas être ce qu’elle est, il arrive qu’elle puisse se tirer des balles dans le pied toute seule sans s’en rendre compte. Alors voyons ces petites caractéristiques qui peuvent nous faire autant de « bien que de mal ».

 

Rappelons les 2 principales caractéristiques cognitives du HP qui produisent un cocktail explosif :

Pensée hyper rapide + Pensée arborescente

 

Je compare régulière le cerveau du HP à une voiture de course, par rapport au cerveau des « neurotypiques » qui serait une 2CV. Entendons-nous bien les gens ne sont pas « lents » en général, c’est bien le HP qui est beaucoup plus rapide que la norme.

 

Et pour l’arborescence, cela entraîne une vision transversale plutôt que verticale, une vision globale plutôt que dans le détail, et une cognition analogique qui fonctionne énormément par association d’idées. C’est généralement dû à un déficit de l’inhibition latente qui ne permet pas un tri, une sélection et une hiérarchisation naturelle de l’information et des stimuli.

 

Ce sont ces 2 facteurs cumulés qui engendre une surexcitabilité des sens et donc une hypersensibilité des personnes à haut potentiel.

Toutes les émotions sont intenses, il n’y a pas de bouton –volume– pour réduire le processus physiologique des émotions. Les HP sont assaillis en permanence de stimuli qui leur fait vivre des montagnes russes sensorielles et émotionnelles. Plus que quiconque, il leur faudra apprendre à gérer leurs émotions pour réguler leur comportement au risque de se subir indéfiniment et de faire subir leurs réactions disproportionnées à leur environnement.

Les points positifs

 

  • Pensée rapide

On apprend plus vite, pour peu qu’on n’abandonne pas avant même d’avoir commencé à faire l’effort. En fait notre « super cerveau » est un atout dans l’apprentissage en général, puisque si on est volontaire et déterminé, on est clairement une machine de guerre. On en fera plus que n’importe qui, en un laps de temps relativement court, pour maîtriser un sujet, un projet ou un domaine d’expertise… Et si on aime ça et qu’on est attentif, on sera généralement très bon ! Si notre arborescence ne vient pas nous piéger et nous égarer, nous avons des aptitudes de compréhension et d’analyse plus élevées que la norme.

 

  • Pensée en arborescence

On est créatif, on peut faire preuve d’idées innovantes, divergentes, originales… On a généralement une approche globale des choses ayant une vision à 360°, ce qui nous permet d’avoir une excellente capacité d’analyse. On va voir les détails que personne ne voit, toujours grâce à une vision d’ensemble.

 

  • Hypersensibilité

On ressent plus intensément la vie.

On peut être hyperesthésique (surexcitabilité sensorielle) ; par exemple ayant des seuils sensoriels plus élevés que la norme, dans mon 1er métier de sommelière, j’étais excellente en dégustation, ayant les sens très développés et une perception très fine et très subtile des odeurs et des gouts.

On peut être synesthésique (associer simultanément différents sens ou perceptions) ; cela peut permettre à un surdoué en mathématique d’associer des calculs à des couleurs et de lire l’information différemment pour aller encore plus vite… C’est un peu particulier, mais il y a quelques exemples célèbres de personnes qui voyaient ou entendaient les choses au lieu de passer par un raisonnement purement cognitif.

On fonctionne généralement en mémoire émotionnelle, ce qui induit une mémoire longue.

Les points faibles

 

  • Aller trop vite…

Ça va tellement vite qu’on s’abstient ou qu’on oublie de bien écouter, de bien comprendre et donc de bien répondre. Etant assailli d’informations, d’idées, voire d’émotions, ça déborde à l’intérieur, ce qui entrave notre attention (et beaucoup de HP souffre de TDAH) ; cela a pour conséquence d’engendrer un manque de présence à l’autre, voire d’être centré sur soi. Ce n’est pas toujours conscient et volontaire d’être éparpille dans sa tête, et quand cela se produit au détriment de l’environnement social, cela peut causer quelques décalages et dissentions dans l’échange.

 

  • Digresser…

Il y a ces moments où on digresse ; se voit-on le faire ? Essayons-nous de nous réguler ? Il faut comprendre que ce n’est pas toujours très agréable pour notre interlocuteur de voir qu’on ne répond pas à la question et qu’on est parti très très loin. Tellement loin, qu’il ne sait pas où on est, et où on veut en venir. Je sais très bien que pour nous le lien est évident dans notre tête et que tout ce qu’on raconte est important. Mais nous devons apprendre à trouver des compromis entre tout ce qu’on veut livrer et ce qui est adéquat à la situation. Parler et s’étaler avec son meilleur ami est différent qu’avec un inconnu ou dans le milieu professionnel…

 

  • Sauter du coq à l’âne…

Il y a nos sauts du coq à l’âne ; Alors là aussi pour nous le lien est très clair dans notre tête, on voit très bien le rapport entre la question de départ et ce qu’on raconte. Mais il est assez rare que notre interlocuteur comprenne ce que l’on n’a pas pris le temps d’expliquer. On va très vite, trop vite, notre capacité d’association d’idées est relativement dingue de par notre arborescence cognitive, mais ça c’est nous, ce n’est pas l’autre. On ne percute pas qu’espérer que l’autre nous suive est une exigence trop élevée et a toutes les chances d’échouer. On peut cultiver l’idée qu’il ne veut pas comprendre, alors qu’il ne le peut pas en l’état !

 

  • Être à côté de la plaque…

Et puis il y a ces grands moments de solitude, où l’on est carrément à côté de la plaque. C’est qu’on a été tellement vite, qu’on a parlé sans tourner 7 fois notre langue dans notre bouche, pour nous assurer d’avoir bien compris ce qui se passe. Et on fait schploufff ! Parfois on le comprend à la tête de notre interlocuteur qui affiche un visage surpris voire déconcerté. Il peut arriver qu’on se prenne un retour de manivelle, qu’on n’avait pas vu venir. Et là on se demande qu’est ce qui s’est passé pour que ça dégénère ! Mais le pire peut être l’impassibilité accompagnée de faux sourires, qui nous fera croire que tout va bien, sans que cela soit le cas. Car quand ça vous arrive à un entretien d’embauche et que vous sortez tout content, en espérant qu’on vous rappelle, alors que vous avez tout simplement foiré votre entretien ; vous comprenez bien que vous n’avez pas conscience de vous être tiré une balle dans le pied. Le pire n’est donc pas de déraper, mais de ne pas savoir qu’on a dérapé. Quand on le sait, on a au moins une chance de rattraper le coup et possiblement d’apprendre de nos erreurs. Quand on ne sait pas, il est fort probable que cela ne nous serve pas de leçon et qu’on réitère la maladresse.

 

Alors j’ai dit qu’on faisait schploufff parce qu’on allait trop vite. Il y a une seconde raison qui peut nous faire faire schploufff. C’est notre pensée arborescente. Il y a des formulations qui peuvent avoir plusieurs sens et parfois le contexte nous informe qu’il n’y avait pas plusieurs sens et que nous n’avons pas tenu compte du contexte. Et parfois le contexte n’induit rien, tout est ouvert et nous comprenons l’autre sens que celui voulu par notre interlocuteur. Comme vous pouvez le comprendre cela aura peu ou pas de conséquences négatives dans l’option B. Quand dans l’option A, il y a un contexte dont nous ne tenons pas compte ; même si la première cause de notre égarement est la pensée arborescente, notre erreur viendra quand même du fait qu’on aura soit été trop rapide à faire des raccourcis, soit trop peu attentif pour avoir des conclusions « hâtives ».

  • Démarrer au quart de tour

Quand les émotions s’en mêlent… Alors est-ce qu’on va trop vite parce qu’on n’écoute pas ? Ou ne peut-on plus écouter parce que nos émotions nous contrôlent et qu’on est déjà parti ?

Nous pouvons être qualifié dans le meilleur des cas de « soupe au lait ». En ce qui me concerne c’était plutôt les termes « d’écorchée vive » qui étaient régulièrement employés. A « fleur de peau » aurait été pas mal aussi. Tout ça pour dire que quand on démarre au quart de tour sans raison apparente et compréhensible pour notre interlocuteur, autant dire qu’on est classé « d’instable ». Et la norme déteste profondément être bousculée. Quand nous faisons une « crise », c’est jugé ainsi par eux, et ils sont plus nombreux que nous ; Quand bien même les motifs seraient nobles et justifiés, la norme s’attache davantage à la forme qu’au fond. Et pour être audible et reconnu, nous n’avons pas d’autres choix que d’apprendre à y mettre les formes, d’où la nécessité d’apprendre à gérer nos émotions. Car tant que notre expression émotionnelle est désordonnée, tel un ouragan qui dévaste tout sur son passage, nous ne serons pas en mesure d’être dans l’échange.

Il n’y a pas de fatalité…

 

Ces « comportements » sont très fréquents chez les HP, pour les raisons expliquées. C’est ce qui fait qu’associer cerveau rapide & intelligence est une erreur. Le Haut Potentiel a un potentiel indéniable puisqu’il est doté d’une voiture de course quand d’autre n’ont qu’une 2CV pour cerveau. Mais celui qui sait conduire, réparer et optimiser sa 2CV sera toujours plus intelligent que celui qui est un simple propriétaire de voiture de course garer dans le garage et qui n’a jamais mis le contact. Devenir maître de ce que l’on est, plutôt que de se subir, consiste à apprendre à piloter son cerveau et être capable de le « réparer » quand ça dysfonctionne ; c’est-à-dire être capable d’agir sur nos pensées et notre système cognitif pour les transformer et s’en servir à notre bénéfice.

 

Vous avez un moteur super puissant, parfois avec des petites failles (DYS, TDAH, Troubles du spectres autistiques, Déficit de l’inhibition latente, Hypersensibilité etc…) Mais si vous décidez de relever vos manches et de mettre les mains dans le cambouis, pour faire de vos faiblesses des atouts, alors vous avez tout à porter de mains ! Vous avez des capacités que d’autres n’ont pas. Il faut les exploiter pour ne plus s’autosaboter. Prendre conscience de vos fonctionnements est le point de départ pour pouvoir agir dessus.

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