Certitude VS Bénéfice du doute

« Ce que je sais, c’est que je ne sais rien » - Socrate

Parfois, nous sommes empreints de certitudes. Nous voyons-nous seulement l’être ? Nous voyons-nous sauter les 2 pieds joints dans l’erreur ? Nous voyons-nous être dans l’interprétation, dans la supposition, dans la croyance, plutôt que d’être dans le factuel, le réel, le savoir, la preuve qui pourrait nous amener à une « certitude » ?

 

Avez-vous déjà été victime de quelqu’un dont la certitude était telle, qu’il n’y avait pas de place au doute, et que vous avez été accusé à tort, ou sanctionné injustement ?

 

Personnellement, j‘ai rencontré ce type de situation. J’en ai plus ou moins souffert, et je dois reconnaître que cela m’a toujours estomaquée d’observer combien le doute n’existait pas chez ceux qui accusaient et jugeaient coupable, sans enquêter, sans ne jamais questionner, ni jamais ouvrir la porte au doute, pour laisser un tout petit espace dans lequel j’aurai pu m’exprimer, voire prouver combien l’information était erronée ;

 

  • Il y a eu cette fois, au lycée où un jour mon professeur me rend ma copie avec une mauvaise note et en commentaire « ne copiez pas votre voisin ! ». J’étais complètement hébétée, je n’avais pas copié, c’était mon camarade qui avait copié sur moi, mais le prof n’a jamais voulu m’écouter ou entrevoir la possibilité que son « chouchou » pouvait être le « mauvais » élève.

 

  • Jadis, dans ma relation avec ma mère, j’ai été accusée de bien des choses, qui n’étaient réelles que pour elle, et il était impossible de lui montrer autre chose que ce qu’elle croyait profondément.

 

  • J’ai rencontré des supérieurs hiérarchiques qui préféraient croire les histoires qu’on leur racontait plutôt que de s’expliquer avec moi.

 

  • J’ai connu des petits copains qui choisissaient de croire une rumeur lancée par une « ennemie » plutôt que de me faire confiance….

 

En fait, il y a de nombreuses façons de subir les certitudes d’autrui. Soit parce qu’on est accusé explicitement, soit parce que quelqu’un changera son attitude envers nous, au nom de ses croyances. Nous subirons des colères que nous ne comprenons pas. Nous serons délaissés, ou quittés sans savoir pourquoi…

 

Ce qui est assez surprenant, c’est que les personnes sont tellement sûres d’elles ou de la « vérité », qu’elles sont incapables de se confronter à la réalité, aux faits, aux personnes, au risque que leurs certitudes ne s’effondrent.

 

Pourtant si l’on est si sûr de Soi, si sûr de savoir quelque chose comment pouvons-nous avoir si peur de se confronter ? Parce que bien sûr nous ne le sommes pas vraiment… Nous aimons juste le croire, et une part de nous sait qu’il y a une faille ; une faille qui si elle était découverte, viendrait faire voler le château de carte sur lequel repose notre certitude/croyance.

 

Il est tellement plus aisé de s’enfermer dans nos croyances, dans notre tête, dans nos illusions que de découvrir que ce que l’on prend pour vrai n’est qu’imagination et irréalité.

Cela ferait montre de notre orgueil, de notre manque d’humilité, de nos peurs et de toute autre chose qui est l’expression de notre vulnérabilité, de nos manques et faiblesses.

 

Il faut être très humble avec soi-même et envers autrui pour être capable de reconnaître nos doutes, ou pour accorder le bénéfice du doute aux autres. Il faut être conscient de soi, de ses jugements, de ses émotions, pour les inclure dans les faits et distinguer ce que l’on sait de ce que l’on croit et même de ce que l’on aimerait.

 

Ce peut être très arrangeant de voir l’autre comme le « méchant », comme le coupable, comme le bourreau. Pendant que nous faisons ça, cela nous évite de voir quel rôle nous jouons, et de nous responsabiliser de ce que l’on vit.

 

Dans toutes les situations d’injustices que j’ai vécues, je me suis souvent demandée pourquoi ça me tombait sur le coin du nez. En « bonne » personne autocentrée sur elle-même, je me disais : « mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire, pour mériter ça ? »

 

Parfois, j’ai été partie prenante de de ces situations, mais il est également souvent arrivé que je n’aie rien à voir dans les choix de l’autre. Moi ou une autre, c’était pareil. Cette situation ou une autre, cela aurait été pareil. Parce que le déterminant était l’état, le choix d’autrui et non moi qui ne devenait qu’un objet, un objet parmi d’autres, quand tout dépendait du sujet, soit l’autre.

 

C’est pourquoi lorsque nous subissons les certitudes d’autrui, ou le manque de doute d’autrui, il arrive bien souvent qu’il ne s’agisse pas de nous, mais bien de l’autre.

Car si quand je suis face à une situation, je choisis le doute, quand l’autre choisit la « croyance », nous voyons aisément combien le résultat ne sera pas le même. En choisissant le doute, je vais questionner, je vais enquêter, je vais développer ma réflexion et l’échange. Je vais m’ouvrir aux informations, aux autres et à la recherche de la vérité, s’il en existe une.

 

Quand nous choisissons la croyance « pour vrai », il n’y a aucune place pour une quelconque quête de la vérité, car comment rechercher ce que nous croyons savoir déjà ?

 

Je pense que nous avons tous connu un jour une situation, une personne qui nous a fait subir sa croyance de la vérité.

Mais nous voyons-nous faire la même chose ? Ou avons-nous pris le parti de ne jamais faire subir à qui que ce soit ce que l’on n’a pas aimé subir ?

 

  • Si vous êtes dans une situation dont tous les éléments convergent vers une conclusion : Apprenez à aller au bout du bout du bout pour savoir, plutôt que de vous contenter de ce qui semble être !

 

Avoir cette rigueur envers soi-même, que l’on offre à autrui est la meilleure garantie d’éviter l’impair. Car une fois que le mal est fait avec un proche, dans un milieu professionnel ou dans une situation à impact, autant vous dire que faire marche arrière n’est plus possible. Cela peut briser des liens de confiance dont les conséquences seront bien plus grave que de prendre un peu de temps, et de faire quelques efforts pour s’appuyer sur des faits réels et « justes » au lieu d’être faignant et de vouloir aller vite pour in fine être dans l’erreur prise pour « vraie ». Cultivez le bénéfice du doute ! Et développez une approche pragmatique et factuelle des situations !

 

 

  • Si vous subissez les croyances d’autrui ; Si cela est possible, et je sais que cela ne l’est pas toujours, défendez-vous ! Mais là aussi, ne le faites pas par la défensive mais l’attaque !

 

Soyez celui qui initie la confrontation, apportez les faits qui ont été omis, faites éclater la vérité par tous les moyens ! Car se résignez peut rendre amer et triste. Toutes les batailles n’exigent pas d’être menées et gagnées. Mais quand il s’agit de défendre vos valeurs, votre intégrité, cela peut valoir la peine de monter au créneau pour de nobles motifs.  Car en réalité même si on ne gagne pas la bataille parfois à l’arrivée, nous aurons nourri notre Âme ! Nous aurons été en accord avec nous-même, dans le respect de nous-même, de ce qui doit être fait. Et savoir de soi à soi qu’on a fait ce qu’il fallait plutôt que de baisser les bras, peut être très salvateur, voire réparateur. L’estime de soi peut passer par ce type d’action, quand bien même nous n’obtiendrions pas « justice ». Il est important d’avoir conscience que de nombreuses situations ne se limitent pas ou ne se résument pas à un résultat, mais bien à ce qu’on choisit d’en faire, par et pour soi-même !

 

Carte du Tarot d’Osho : Au-delà d’lillusion

C’est la seule distinction entre le rêve et le réel, la réalité vous permet de douter et le rêve ne vous permet pas de douter…Pour moi, la capacité à douter est l’une des plus grandes bénédictions de l’humanité. Les religions ont été ennemies parce qu’elles ont coupé le doute à sa racine même et il y a une raison pour laquelle elles ont fait cela : parce qu’elles veulent que les gens croient en certaines illusions qu’elles ont prêchées…

Pourquoi des gens comme Gautama Bouddha ont-ils été si insistant à dire que l’existence entière – exception faite de votre témoin intérieur, de votre conscience de soi – est éphémère, faite de la même substance dont sont faits les rêves ? Ils ne disent pas que ces arbres ne sont pas là. Ils ne disent pas que ces piliers ne sont pas là.

Ne vous méprenez pas du fait du mot « illusion ». Il a été traduit comme « illusion », mais illusion n’est pas le mot juste. L’illusion n’existe pas. La réalité existe.

Maya est simplement entre les deux – elle existe presque. Les activités quotidiennes peuvent être considérées comme réelles.

C’est uniquement dans son sens ultime, du sommet de votre réalisation que cela s’avère non réel, illusoire.

Commentaire :

Le papillon de cette carte représente l’extérieur, ce qui est en perpétuel mouvement, ce qui n’est pas réel mais illusion. Derrière le papillon se dessine le visage de la conscience qui regarde vers l’intérieur, vers ce qui est éternel. L’espace entre les deux yeux s’est ouvert, révélant le lotus de l’épanouissement spirituel et le soleil levant de la conscience.
Sous l’effet du soleil levant intérieur, la méditation est née.


La carte nous invite à ne pas chercher à l’extérieur ce qui est réel, mais à regarder vers l’intérieur. Lorsque nous portons notre attention vers l’extérieur, nous sommes trop souvent pris dans les jugements – c’est bien, c’est mal, je veux ceci, je ne veux pas cela. Ces jugements nous maintiennent dans nos illusions, dans notre endormissement, dans nos vieux modèles et habitudes.


Lâchez votre mental dogmatique et entrez en vous-même. Là, vous pouvez vous relaxer dans votre vérité la plus profonde où la différence entre rêve et réalité est déjà connue.

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