Comment et Pourquoi Pardonner ?

Noël peut être l’occasion de fêter l’amour. Et à cet égard, il serait de bonne augure de pardonner à ceux qui nous ont blessé. Parce que pardonner est un acte d’amour, non pas envers autrui, mais avant tout envers soi-même. Chaque rancœur gardée en soi est un poison invisible qui nuit à notre bien être personnel. Bien qu’on n’y pense pas tous les jours, notre âme, notre cœur, notre corps savent que c’est là en nous, même si c’est caché. Et ça consomme notre énergie, ça fragilise notre équilibre intérieur, ça impact notre confiance en soi et en la vie… Bref ce n’est pas bon pour nous, même si on ne le sent pas vraiment. C’est d’ailleurs toutes ces petites choses, sur lesquelles on fait l’impasse au lieu de les régler en temps et en heure, qui, accumulées, créent un monticule pesant sur notre moral, sur notre perception du monde et notre façon de réagir aux événements. Donc vous l’aurez compris, l’amour, aimer, s’aimer, passe par le fait de prendre soin de soi et déposer tout ce que l’on garde inutilement, c’est s’apporter le bien être que l’on mérite.

 

1. Pour chaque rancœur :

  • J’écris ou je me remémore mentalement les faits
  • Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans ce qui s’est passé
  •  (est-ce que j’avais moi-même semé une confusion, j’avais blessé en premier, j’ai juste fait confiance…) Cette responsabilité peut être grande ou minime, mais il faut la reconnaître quelle qu’elle soit, car comment attendre de l’autre qu’il reconnaisse sa responsabilité si nous-même en sommes incapable ?
  • Je définis ce que je juge être de la responsabilité de l’autre

(Décrire des faits : « la personne a dit, a fait etc… » et non faire des raccourcis comme « c’est une mauvaise personne, ou c’est un menteur »)

  • Je fais le bilan des responsabilités de chacun 

Quelles sont les conclusions du bilan ? Avez-vous une part (50% et plus) de responsabilité importante dans ce qui s’est produit ? Ou avez-vous fait confiance à tort à cette personne ? rien ne laissait penser qu’elle vous trahirait, c’était la première fois…

 

2. Il est important de se poser toutes ces questions pour évaluer :

  • Le type de relation (familiale, amical, de voisinage, travail…)
  • La qualité de la relation (son ancienneté, sa fréquence, sa continuité…)
  • L’intérêt de la relation (oui, oui, on aime les gens, on est avec les gens pour des raisons nobles ou médiocres. Et il faut bien être honnête avec soi-même sur pourquoi on est en relation avec telle personne, qu’est-ce qu’elle nous apporte, pourquoi elle et pas une autre…)

 

3. La suite de la relation

Suivant les réponses à toutes ces questions, nous allons pouvoir évaluer combien il est important de renouer ou de couper les ponts avec la personne, dont on juge avoir été trahi.

 

Ne perdons pas de vue que le sentiment de trahison est totalement subjectif, de même que notre souffrance. Ce n’est pas pour rien que d’un individu à l’autre, face à la même situation, les réactions et actions peuvent différer. C’est pourquoi, il n’y a pas une façon de choisir et de faire, mais un processus pour trouver individuellement ce qui est adapté à soi. Faire la gueule et laisser la situation pourrir n’est pas un comportement mature et responsable. Et avoir un comportement d’enfant, quand on est un adulte, comme je vous le disais précédemment va immanquablement nuire à votre bien être, car comment être fière de soi et nourrir l’estime de soi, quand notre petite voix intérieure sait que notre façon d’agir n’est pas adéquate, parce que nous fuyons au lieu d’assumer et de nous confronter à la réalité.

 

Donc il faut en passer par tout ce processus de recul et d’analyse, pour comprendre ce qui nous motive à être en lien avec une personne, et définir si ce qui est bon pour nous est de nous rabibocher ou de quitter la relation.

 

4. Pardonner

Ce qui amène à comment pardonner, voire à pourquoi pardonner si nous devons couper les ponts définitivement ? Parce que ce qui compte ce n‘est pas l’autre mais SOI. Pardonner ce n’est pas cautionner ou excuser ce qui s’est passé, c’est accepter et éliminer par la même occasion les ressentiments qui ne font du mal qu’à nous. Quand on nourrit la colère, la rancœur, et parfois la haine envers autrui, ce n’est pas l’autre qui perd son énergie, qui souffre, ou rumine, c’est nous. Et donc il faut cesser de croire que punir l’autre est différent de se punir, parce que lorsque vous faites votre possible pour faire payer à l’autre sa trahison, en réalité vous le payer tout autant !

 

Le plus efficace est d’analyser la situation sur le moment, et de décider des actions à mener assez rapidement afin de passer à l’action dans un délai raisonnable. Mais là je vous présente cette initiative pour faire le grand ménage à Noël, afin de bien démarrer la nouvelle année et donc il s’agit de régler des rancœurs anciennes.

 

Pour reprendre le cours du processus, même si vous décidez de ne pas reprendre contact avec la personne, il faut libérer les ressentiments passés, ne pas s’y accrocher comme une vieille habitude confortable et familière.

 

5. Libérer les émotions 

Libérer les émotions c’est accueillir, et accueillir c’est entendre ce qu’elles racontent de nous. Si on ne vous a pas appris que les émotions sont des messages qui nous informent sur nos limites, nos manques, nos besoins et toutes ces choses qui nous construisent en tant qu’Être et bien c’est le moment d’en prendre conscience. Nous restons bloqués émotionnellement quand nous refusons d’accueillir ce qui se passe en nous, pourquoi ça se passe et quoi en faire. Donc s’il paraîtra évident à chacun, d’être en colère et triste quand on est trahi, ce qui l’est moins c’est pourquoi puisque c’est si évident « je reste bloqué dessus, je n’arrive pas à pardonner et dépasser la situation ? » Et je vous répondrai : à quoi de si profond en vous la situation touche-t-elle pour que vous vous y accrochiez ?

 

Car toute émotion entendue passe, laissant place à la clarté de l’information reçue et à la décision à prendre pour transformer l’événement en quelque chose de positif. Quand on comprend en soi ce qui se passe, pourquoi on ressent ce que l’on ressent, alors il devient possible de savoir quoi faire pour être mieux, se respecter, changer la situation, et avancer tout simplement sans souffrance, sans accrocs, en étant dans la justesse de ce qui est.

 

Vous ne serez pas moins vous, si vous lâchez prise. Vous ne vous respecterez pas moins si vous pardonnez, afin de passer à autre chose et tourner définitivement la page, surtout si ça fait des années que ça dure. Il est temps de poser les bagages, de s’alléger et de faire de la place pour de nouvelles expériences.

 

6. Réparation

Maintenant dans le cas où vous souhaitez reprendre contact avec l’autre, il faut bien sûr suivre le même nettoyage des émotions encombrantes et énergétivores, mais en plus il faudra définir ce que l’on souhaite comme « nouvelle relation ». On ne peut pas reprendre contact et faire comme si de rien était. Il faut donc nettoyer également la relation. Ça passe par le fait de s’expliquer sur ce qui a provoqué la trahison/la rupture et sur comment recréer du lien, de la confiance et définir les bases de cette nouvelle relation dans ce que l’on souhaite et attend mutuellement. C’est à ces conditions que vous pourrez envisager l’avenir sereinement, en sachant que l’on peut pardonner et réparer, reconstruire ce qui a été fragilisé et mis en péril. Je rapelle que la principale condition d’une relation saine est LA RÉCIPROCITÉ. Aussi tout cela ne marche que si vous êtes 2 à faire le nécessaire.

 

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