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Et si les hommes s'éduquaient....

Pendant le confinement, j'ai découvert cet article de Baptiste Beaulieu, Médecin et Chroniqueur sur France Inter, . C'est une de ses rares fois où un homme dénonce la petitesse de la gente masculine envers les femmes. Je souhaitais vous le partager en espérant que cela vous fera davantage sourire que de mettre en exergue combien c'est affligeant de prendre conscience de ces comportements. A visionner ou à lire...

« J’en ai marre des mecs, mais marre, marre, marre… » -Baptiste Beaulieu

« Un homme, ça s’empêche ». Eh bien ça s’éduque aussi. J’en ai marre des mecs, si vous saviez comme j’en ai marre de nous, de nos petites lâchetés, de nos petites trahisons, de nos petits égos de coq, toujours mal placés, de nos angles morts permanents, et de nos orgueils démesurés… Le thème, cette semaine, c’est l’infertilité masculine et ma vision des hommes a changé depuis mon installation en tant que médecin généraliste. C’est venu peu à peu.

Mais en vrai, je ne sais pas pourquoi je vous dis ça, je ne veux pas parler des hommes, là maintenant tout de suite. Hier c’était la journée internationale des droits des femmes. Vous allez vous dire que cette chronique part dans tous les sens, mais c’est le sens de ma colère alors suivons-la.

Commençons par évoquer les femmes qui ont croisé ma route de soignant.

Madame G : Bonjour, mon mari a mal au pénis lors des rapports et il m’a dit d’aller consulter car il pense que c’est ma faute. J’ai un problème, d’après lui.

Le mari reste regarder la TV dans son sofa pendant que madame G. patiente deux heures en salle d’attente !!! Devinez quoi : elle ne présente aucun symptôme alors que son mari urine LITTÉRALEMENT (excusez-moi du détail) du pus.

Madame R : Qui pleure car elle n’arrive pas à concevoir de bébé avec son nouveau compagnon et que celui-ci, attendez, tenez-vous bien, il lui fait la gueule ! (Mais que voilà une riche idée qui va bien améliorer leur situation et sécher les larmes de ma patiente).

Le pire ? Elle a déjà eu deux enfants avec un autre type. Vous comprenez ce que ça signifie, hein ? Non parce que lui, manifestement, il n’avait pas compris que le problème était de son côté.

Madame L : Qui vient pour une interruption volontaire de grossesse, et qui vient seule, et qui pleure car elle aimerait bien ne pas être seule, mais l’enfant débilissime qui lui sert de compagnon a préféré jouer à la Playstation en fumant des pétards plutôt que d’accompagner sa nana.

Les meufs sont fertiles seulement trois jours par mois, les hommes sont fertiles à chaque rapport sexuel, 364 jours par an mais ce n'est jamais eux qui pleurent dans mon cabinet parce qu’ils doivent gérer l’annonce d’une grossesse non désirée. Jamais eux. Non. Je ne leur tends jamais ma petite boîte de mouchoirs. Jamais, jamais, jamais !

Je n’en peux plus des problèmes d'ego de ces types-là. C’est un puits sans fond, les femmes ont raison d’être "vénères", de descendre dans la rue, de hurler leurs colères. Je me répète, je sais, mais j’en ai marre de nous, mais d’une force...

Ah et monsieur P ? Il vient au cabinet un jour, il y a sept ou huit ans. J’étais jeune remplaçant, encore très naïf sur les choses de l’amour, et il me lance à la fin de la consultation : Ma femme est en pleine ménopause. Elle est de mauvaise humeur. J’ai le droit à rien, même pas à une petite caresse de dépannage de temps en temps.

Une caresse de dépannage ?! Sérieusement ? UNE CARESSE DE DÉPANNAGE ? Mais je vous jure ! Sa femme se débat littéralement avec les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, le moral en berne, le maelström hormonal, et lui en bon gros bébé pourri gâté il boude parce qu’il n’a même pas « droit à ses caresses de dépannage ». J’ai honte de nous, sérieux. Le sexe n’est pas un dû. LE SEXE N’EST PAS UN DÛ.

Être une femme hétérosexuelle, c’est quand même devoir choisir parmi un cageot rempli de fruits pourris celui qui vous pèsera le moins sur l’estomac. Alors oui, je sais on va me dire "pas tous les hommes", eh bien je m’en fous : tant qu’il en restera un seul de pourri, il en sera de la responsabilité des autres de l’écarter le temps qu’on lui inculque ce qu’il faut de respect et de dignité.

Albert Camus disait : « Un homme, ça s’empêche ».

Eh bien ça s’éduque aussi. Et ce n’est plus aux femmes de s’en charger. Elles ont assez donné. Elles ont assez payé.

Baptiste Beaulieu

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